Histoire

Au XIIIème siècle, le « Chastel de Saint-Victor sur Loire »est l’ensemble du bourg fortifié avec son château et ses remparts, dominant les vallées de la Loire et du Lizeron.
La fortification flanquée de deux tours, l’une côté vent (XIIème), l’autre côté bise (XVIème), demeure seigneuriale au XVIème et XVIIème siècle avec la famille De Nérestang et autres propriétaires, puis prison en des temps difficiles. Le château fût acquis au XIXème siècle par les Religieuses Saint Joseph qui en firent une institution pour jeunes filles.
Avec le départ des religieuses en 1960, l’Association des amis de Saint-Victor s’en rend acquéreur en 1968, puis le cède en 1970 à la Ville de Saint-Etienne qui le restaure et laisse à l’Association le soin de le gérer.
Avec ses chambres, son restaurant, ses salles de réunion et d’exposition, ses jardins, son théâtre, il est aujourd’hui un haut lieu culturel, un lieu d’accueil, de rencontres et de séminaires.

 

 

Poème  décrivant le bourg de Saint-Victor :

Si un jour vous venez au bourg de Saint-Victor
Sur cette montagnette où le vent souffle fort
Dominant belle Loire, Grangent, le Lizeron
Vous verrez le Chastel qui fut la possession
Des comtes du Forez, d’Archevêque de Lyon,
Du Roi de France aussi, fleur de lys au blason
Et les tours, les remparts, Eglise et cimetière
Vous racontent l’histoire de son Glorieux Passé
Que tant d’événements ont gravé dans la pierre
Puis mêlant l’aujourd’hui aux charmes séculaires
De bons décorateurs, Amis de la beauté
Ont éclairé ce site de roses par milliers
Afin qu’elles unissent pour le temps de l’été
Mariage heureux, sublime festival,
A l’éternel granit, leurs fragiles pétales.

L. Marsily

 

(Le Bourg et le château de Saint-Victor, dessin réalisé par Guillaume REVEL vers 1450 pour le duc de Bourbon, comte du Forez)

 

Procès verbal de l’état des biens de 1564

En 1564 fut dressé le procès verbal de l’état des biens appartenant au Roi situés sur le territoire de la Seigneurie de Saint-Victor et aussi pour examiner les droits, revenus, fiefs et « commodités » dont ladite Seigneurie jouissait. Cet état des biens du Roi nous éclaire sur la configuration du village et son importance.

« Le lieu de Saint-Victor consiste en un chasteau clos, de murailles garni de deux tours, l’une d’un côté de vent, l’autre de bize sans couverture, l’une desquelles sert de prison ; le chastel est environné de fossés, et il y a un petit pont de pierre pour entrer au dit chasteau, dans lequel il y a une maison découverte où il n’y a que peu de traversiers à l’haut étage et une cheminée tendante à ruyne et une petite tour carrée ouverte, joignant à ladite maison qui ne sert de rien et auquel chasteau y a deux portes ou entrées ;

 

Les armes de Saint-Victor

Sur fond d’azur, le dessin de Revel évoque le riche passé de Saint-Victor : son château, son église, son bourg fortifié. A gauche, le symbole de la plage et de la vocation nouvelle de la commune : détente, loisirs, tourisme. Les fleurs de Lys rappellent que la chatellérie de Saint-Victor fût possession royale.

 

 

 

Dates :

1070 : l’église daterait probablement de cette époque

1095 : Saint-Victor est mentionné dans le cartulaire de l’Abbaye de Sainte-Foy de Conques

1097 : L’archevêque de Lyon donne l’église de Saint-Victor et le prieuré du Châtelet à l’Abbaye de Sainte-Foy de Conques

1121/1125 : confirmation par Hugues Talabaz et consorts de l’abandon de tous leurs droits sur l’église de Saint-Victor

1173 : Traité entre Guichard, Archevêque de Lyon et Guy, comte du Forez séparant les comtés du Lyonnais et du Forez. Naissance du comté du Forez

1278 : la châtellenie banale de Saint-Victor devient l’une des 41 châtellenies du Comté du Forez

vers 1360 : le château est en état de défense (guerre de Cent Ans)

1370 : Les tard-venus à Saint-Victor

vers 1380 :  Les routiers saccagent le château (cela entraine de nouveaux impôts)

1415 : les Anglais attaquent la région de Saint-Victor

1450 : Guillaume Revel dans son Armorial dessine Saint-Victor

1523 : La châtellenie passe dans le domaine royal.

1531 : François 1er confisque le Forez, Saint Victor devient châtellenie royale

1543 : François 1er aliène Saint-Victor à Jacques Bourdon, marchand qui se titre de Seigneur engagiste

1589 : Les protestants occupent le château pendant les guerres de la Ligue

1645 : La châtellenie appartient au Marquis Charles Achille de Nérestang, qui fait restaurer le château pour l’habiter

Après 1650 : La châtellenie est gérée par des Officiers Royaux

1710 : Louis Chapuis de Margnolas achète la châtellenie

1719 : Antoine d’Arloz de la Servette, comte d’Entremont et sieur de la Baraillère, devient propriétaire de Saint-Victor

1749 : Pierre Berry de la Barre est le dernier Seigneur de Saint-Victor

1778 : Epidémie de petite vérole qui décime la plupart des enfants

1789 : Révolution française , le village est renommé en Victor sur Loire

1808 : L’église est restaurée à la demande du curé Coudour

1821 : Quatre Sœurs Saint-Joseph achètent les ruines du château et ouvrent une institution pour jeunes filles.

1865 : Début de la construction du canal du Forez

1882/1887 : Construction de la ligne de chemin de fer Firminy/Saint-Just/Loire (le long de la Loire)

1892 : Ouverture de l’usine électrique sur la Loire, pour alimenter les passementiers de Saint-Etienne

1939 : Fermeture de la ligne de chemin de fer des Gorges

1957 : Fermeture de l’usine électrique

1958 : Mise en eau du barrage du Grangent

1960 : Départ des Sœurs St Joseph du château

1968 : L’Association des Amis de Saint-Victor devient propriétaire du château

1969 : Jumelage avec Geltendorf. Rattachement à Saint Etienne. Le château est acheté par la ville de Saint-Etienne

A partir de 1972 : Le château devient un centre culturel et d’accueil

1980 : L’église est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques

 

 

La commission Racines explore l’histoire de la commune et gère un important fond de documents, objets, photos…

L’Association des Amis de Saint-Victor

Le Château est depuis 1970 la propriété de la Ville de Saint-Etienne. Il est animé et géré par l’Association des Amis de Saint-Victor (association loi 1901).
La partie la plus ancienne est la façade ouest, comprenant les deux tours (XIIe s. et XVIe s.).

Au cours des siècles, ce monument subit les caprices du temps, des évènements et des hommes, tantôt partiellement détruit, tantôt reconstruit au gré d’usages fort divers : garnison, demeure seigneuriale, prison, pensionnat de jeunes filles.
Propriétaires également variés : archvêques de Lyon, comtes du Forez et, dernier en date, la Congrégation des Religieuses Saint Joseph, qui l’occupent jusqu’en 1960 avant de le remettre à la vente.

En juin 1966, la commune et la paroisse de Saint-Victor perdirent leur maire et leur curé. Le maire y était depuis 1936, et le curé était épuisé après une longue captivité. Il n’y eu donc pas d’intérêt porté par les notables sur la présence du plan d’eau de Grangent.

En 1966, le nouveau maire (François Dubanchet) et le nouveau curé (Antoine Bouchet) posent un oeil nouveau sur Saint-Victor. Et en 1967 est créée l’Association des Amis de Saint-Victor qui achète aux religieuses le château et 4000 m² de terrain attenant.

En son état, le bâtiment est inutilisable mais l’Association tente de lui redonner âme et respect. Un architecte des ses amis accepte la conception d’un ensemble cohérent et définitif et les maigres ressources du nouveau propriétaire permettent l’exécution de quelques travaux réalisés d’abord par les jeunes, et le paiement de deux annuités au vendeur.
Le troisième et les suivantes seront prises en charge par la Ville de Saint-Etienne, séduite par le site exceptionnel et qui achète la propriété à l’Association en 1970.

Parallèlement intervient la fusion Saint-Etienne / Saint-Victor.

La ville de Saint-Etienne prend alors en charge les travaux d’aménagement du port, des tennis, de la roseraie et de réfection de l’église, du centre du village et du château. Elle respecte les engagements pris par l’Association envers l’architecte et les entreprises, et vendeur et acquéreur passent une convention (toujours en 1970) aux termes de laquelle :
la ville de Saint-Etienne est propriétaire des biens, immeubles et meubles ;
l’Association est chargée seule de l’animation et, dans la fidélité aux buts de l’Association, de la gestion du château.

En 1974, les travaux sont terminés, le château ouvre ses portes aux diverses activités qui fonctionnent encore aujourd’hui.

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